né le 16 décembre 1917 à Chalon-sur-Saône - décédé le 21 août 2012

Déporté à Mauthausen du 8 avril 1944 au 6 mai 1945
Rapatrié en France le 26 mai 1945

Commandeur de la Légion d’honneur

Croix de guerre avec étoile de bronze, citation à l’ordre du régiment le 5 janvier 1947
« Prisonnier évadé le 13 août 1940, dès son retour se met à la disposition des chefs de la Résistance de Saône et Loire. Après le sabotage d’une grue de 50 tonnes en gare de Chalon, à l’incendie d’un train d’essence allemand à Sennecey-le-Grand en septembre 43. Est arrêté lors du combat de Bourbon-Lancy le 13 janvier 1944. Est déporté le 6 avril 1944 à Mauthausen et Ebensee. Participe aux côtés des Alliés à la libération du camp. Est rapatrié le 26/5/45. »

Homologation au grade d’assimilation de sous-lieutenant le 30 novembre 1948
Certificat d’appartenance aux Forces françaises de l’intérieur le 28 février 1949
Attribution du titre de déporté résistant le 19 septembre 1950
Validation des services et des campagnes le 22 février 1951

Ajusteur mécanicien

Mobilisé en 1939 par le centre de mobilisation du train n° 7 de Besançon
Affecté à la 114°/7 compagnie auto de QG
Fait prisonnier le 6 juin 1940 à Suippes (Marne)
Evadé le 12 juillet 1940
Repris le 27 juillet 1940 lors du passage de la ligne de démarcation
Interné à la caserne Carnot de Chalon-sur-Saône
Evadé le 13 août 1940
Démobilisé le 16 août 1940 à Mâcon

Reprend la vie active chez Rhodiacéta à Vaise (Rhône) jusqu’au 10 mars 1941, puis chez Schneider à Chalon-sur-Saône
Il est réfractaire au STO et s’engage dans la Résistance le 6 novembre 1942
Il s’affilie aux F.T.P.F. par l’intermédiaire de Mercier dit « Petit frère », recruteur pour le compte de Gaston Mouteille dit « Bull », chef d’état-major de Chalon-sur-Saône

Activités dans la Résistance
Maquis de la Charmée
Propagande anti nazi, distribution de tracts, affiches, sabotage de voies ferrées et de voies fluviales, récupération d’armes sur l’ennemi
Sabotage d’une grue de 50 tonnes en gare de Sennecey-le-Grand, déraillement provoquant l’incendie d’un train d’essence entre Sennecey-le-Grand et Chalon-sur-Saône

Nommé le 18 octobre 1943 à Chalon-sur-Saône, adjoint aux effectifs régionaux de l’état-major départemental FTPF de Saône et Loire avec le grade de sous-lieutenant, par Louis Corlin dit « Max »

En mission auprès du maquis Lucien Sampaix de Maringes, Bourbon – Lancy, arrêté le 13 janvier 1944

« J’étais venu ravitailler en armes et argent. Contraint d’abandonner la bataille par un nombre supérieur (Allemands 150, Résistants 9). Motif manque de munitions. Commandé l’ordre de retranchement, fait prisonnier à la lisière du bois de Maringes. Tentative d’évasion de l’hôpital de Bourbon-Lancy, déjouée par un milicien français. »

Dans les dossiers de demande de certificat d’appartenance et de d’attribution de grade, Georges Bonjour mentionne que l’attaque du maquis de Maringes est le fait d’une dénonciation.

Interrogatoire à Bourbon – Lancy
Transfert à la Feldgendarmerie de Paray-le-Monial du 13 au 17 janvier 1944
Transfert à la Gestapo de Chalon-sur-Saône du 18 janvier au 29 février 1944
Transfert à Compiègne
Déportation le 6 avril 1944 pour Mauthausen où il arrive le 27 avril
Affectation au Kommando de Melk (Block 2 – matricule 61 992)
Affectation au Kommando d’Ebensee en mars 1945
Libéré par l’armée américaine le 6 mai 1945
Rapatrié à Paris, hôtel Lutétia, le 26 mai 1945
Retour à Chalon-sur-Saône le 27 mai 1945

A appartenu aux organisations de résistance et de solidarité dans tous les camps où il a séjourné

 

Mis en ligne le Lundi, 24 janvier 2005
Chalon 
Georges Bonjour a survécu à l’enfer de Mauthausen

 

Georges Bonjour, âgé aujourd’hui de 87 ans, est revenu vivant du camp de Mauthausen. Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, le jeune homme de 22 ans est mobilisé. Fait prisonnier une première fois en 1940, il parvint à s’échapper lors de son transfert vers l’Allemagne. En novembre 1942, refusant d’aller en Allemagne pour y faire la relève des prisonniers de guerre, il s’engage alors dans la résistance et prend le maquis. Jusqu’au début de l’année 1944, tout se passera bien pour lui. Il effectuait alors des missions de ravitaillement de maquis dans le sud de la Saône-et-Loire.
Le 13 janvier tout bascule dans les bois de Maringes autour de Bourbon-Lancy. Suite à une dénonciation il sera une nouvelle fois arrêté. Interrogé par la Gestapo à la Feldgendarmerie de Paray-le-Monial, il subira là, de son propre aveu « des brimades, des tortures et des humiliations pires que ce que j’ai eu à subir dans le camp de concentration de Mauthausen ». Transféré à la prison de Chalon, il sera une nouvelle fois interrogé par la Gestapo. Le vieil homme raconte avec un détachement presque effrayant les séances « la tête sous l’eau pour me faire parler, les coups de fouet sur mon corps nu, accroché au chambranle d’une porte ou encore l’obligation de rester agenouillé sur l’arrête la plus aiguë d’une bûche fendue. Je me souviens encore de la douleur qui au bout d’un moment finit par irradier dans tous les membres… » En dépit de toutes ces brutalités, Georges Bonjour niera toujours être résistant et ne dénoncera jamais ses camarades. Le 6 avril 1944, après avoir passé un mois au camp de transit de Compiègne dans l’Oise, « on nous entassa à 100 par wagon dans un train dont nous ignorions la destination. Ceux-ci étaient hermétiquement clos et notre seul accès à l’extérieur était une petite lucarne que nous avions ménagée en arrachant des planches… pour avoir un peu d’air frais ». 
Après un arrêt à Metz ou d’autres prisonniers furent « chargés », le voyage se poursuivit pendant deux ou trois jours, à 120 par wagon cette fois. « Nous n’avions ni à boire ni à manger. Il n’y avait qu’un baquet sommaire pour les besoins naturels et qui fut vite renversé… De toute façon, vu le nombre, nous étions obligés de dormir debout. Finalement, risquant un œil à travers les planches, nous avons pu lire sur le fronton d’une petite gare un nom : Mauthausen ». Ce nom n’évoquait rien à Georges Bonjour et pourtant c’était la porte des enfers. Georges Bonjour se rappelle avec acuité sa première vision du camp, « Une forteresse avec des cheminées noires qui crachaient du feu, les cheminées des fours crématoires… » Commença alors l’entreprise de destruction physique et morale « Je n’étais plus qu’un numéro. L’appel chaque matin pouvait durer 8 heures, nu dans le froid. La nourriture était au-dessous du minimum vital. La soupe était amère, acre et fétide. Le pain était en partie composé de sciure de bois. Et bien sûr, il y avait le travail à marche forcée en étant sous-alimenté. Tomber malade signifiait la mort, faute de soins. Quant à l’hygiène, elle était quasi inexistante : peu de douche, pas de savon, pas de serviette pour se sécher. Malgré cela, nous devions nous présenter nus tous les matins devant les lavabos pour un simulacre de toilette. Sinon c’était les coups et les insultes ».
Ce qui a maintenu Georges Bonjour en vie à travers ces épreuves, c’est « l’instinct de conservation. Il y a toujours quelque chose auquel se rattacher, s’accrocher. On se réadapte toujours ».
David Rivory

 

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