Allocution de Mme Edith Gueugneau, maire de Bourbon-Lancy
lors de l’inauguration de la stèle des morts en déportation érigée dans le cimetière
29 avril 2018

La municipalité de Bourbon – Lancy a souhaité honorer la mémoire des résistants nés ou ayant vécu à Bourbon, déportés en Allemagne par mesure de répression et qui y sont morts.

Inauguration de la stèle des morts en déportation de Bourbon-Lancy 2

Ils sont au nombre de 11.

Ils étaient ouvrier, ingénieur, salarié agricole, mécanicien, fonctionnaire, notaire, dessinateur.

Quatre étaient adultes, sept avaient moins de 23 ans.

Ils n’avaient pas accepté la défaite et l’occupation de la France par un ennemi qui pillait le pays, qui réprimait durement toute opposition, avec la complicité de Français qui avaient choisi le parti des vainqueurs.

Ils se sont engagés dans un combat pour retrouver la liberté et chasser l’occupant.

Ils se sont battus avec quelques armes, leurs mains et leur tête.

Le résistant était un ennemi déloyal, pas considéré comme un militaire mais comme un terroriste.

Il devait être sévèrement réprimé et puni.

Ils ont pris des risques en portant des coups à l’occupant, ils étaient surveillés, ont peut-être commis des imprudences ou ont été dénoncés.

Ils ont été arrêtés, interrogés

Il leur a fallu tenir, tenir 48 heures, telle était la consigne pour que les compagnons de lutte puissent se protéger

Ils ont été malmenés, frappés, torturés, puis on les a mis dans un train et ils sont partis à Buchenwald, Mauthausen, Neuengamme

Ils n’en sont pas revenus

Ils ont laissé des familles éplorées et inconsolables tant la répression fut cruelle et inhumaine

Aujourd’hui nous sommes rassemblés pour nous souvenir de ces hommes, saluer leur courage et le choix qu’ils ont fait en rejoignant la minorité de Français qui avaient décidé de se battre et de ne pas subir.

De résistants ils ont basculé dans l’horreur concentrationnaire.

La règle des nazis : nier l’homme pour le détruire, il devient un numéro.

La règle du déporté : la survie, il faut tenir, tenir toujours, la solidarité.

Le déporté est livré au laisser-faire d’hommes devenus des tortionnaires pour d’autres hommes.

La sous-alimentation, le travail forcé, le manque de soins, les brimades, les sévices, les exécutions sont les moyens utilisés pour réduire à néant ceux qui ont osé s’opposer à la toute-puissance des nazis

Nous avons une très forte pensée pour ces hommes qui ont payé de leur vie leur engagement.

Le drame hors-norme de la déportation a été une des pages les plus sombres de l’histoire de l’Europe.

Nous ne devons pas l’oublier.

Ces onze victimes nous le rappellent.

Notre devoir vis-à-vis d’eux sont le respect et l’admiration.

Leur souffrance doit renforcer notre vigilance face aux troubles et guerres qui n’ont pas cessé sur la planète depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Les armes sont plus puissantes et sophistiquées mais les hommes qui s’opposent n’ont pas tous renoncés à se livrer à des actes de barbarie sur d’autres hommes.

La voix des démocraties paraît parfois bien faible, mais elle ne doit pas se taire pour continuer de faire entendre et triompher le mot liberté.

Inauguration de la stèle des morts en déportation de Bourbon-Lancy 1