Les protestations du Parti communiste contre l’occupation de la Ruhr en 1923 et la guerre du Rif en 1925, vont décider les gouvernements successifs de la III° République à exercer une surveillance sur les activités du parti. Les manifestations sont surveillées, la presse est contrôlée, des militants sont arrêtés et condamnés. Les adhérents sont progressivement fichés. Ces dossiers de police vont être utilisés lorsque le parti sera interdit. Ils seront un outil précieux pour les Brigades spéciales des renseignements généraux de la préfecture de police de Paris chargés de démanteler, à partir de l’automne 1941, les groupes clandestins du Parti communiste.

Le Parti communiste connaît des moments difficiles à l’approche de la guerre. Le 23 août 1939, il apprend la signature d’un pacte entre l’Allemagne et l’Urss. Cela n’empêche pas les députés communistes de voter des crédits militaires le 2 septembre. En conformité avec la ligne prônée par l’Internationale Communiste (I.C.), le 22 septembre, le parti dénonce la guerre impérialiste et appelle à des discussions pour la paix. Le président du conseil, Edouard Daladier fait signer un décret présidentiel le 26 septembre 1939, interdisant le parti communiste, ses associations et ses publications. Des élus et des cadres du parti sont arrêtés. La mobilisation des hommes qui a commencé et la dissolution provoquent la désorganisation du parti. Conformément aux règles de l’Internationale communiste, la continuité du parti doit être assurée dans la clandestinité en raison d’une situation grave, avec des planques, des caches, des imprimeries. La déclaration de guerre et la réaction du gouvernement n’ont pas été suffisamment anticipées.
Au printemps de 1940 les municipalités communistes sont dissoutes, les élus déchus de leur mandat. Une nouvelle vague d’arrestations a lieu. Un décret visant les communistes condamne à mort les propagateurs d’informations défaitistes et atteignant le moral de l’armée ou de la nation.
L’Internationale communiste invite en octobre 1939, Jacques Duclos, secrétaire du comité central, à se rendre en Belgique, pays de repli, et Maurice Thorez, secrétaire général, à déserter. Les autres membres du bureau politique doivent se réfugier en province. La direction restant en France assure le minimum d’activité. Avec l’entrée en guerre en mai 1940, puis le recul des armées accompagnée de la débâcle, la désorganisation du parti se généralise. Benoît Frachon, ancien secrétaire de la C.G.T. et du bureau politique, se réfugie dans le Limousin. Charles Tillon est à Bordeaux.
Jacques Duclos accompagné de Maurice Tréand revient à Paris le 15 juin 1940. Ils vont co-diriger le parti tout en étant dans la clandestinité. L’épisode de négociation avec les autorités allemandes de l’autorisation de parution de l’Humanité va entraîner des tiraillements internes. Encouragées puis désavouées par l’I.C. les négociations n’aboutiront pas.
Après plusieurs semaines de flottement le Parti communiste s’organise de la manière suivante dans la clandestinité :
Direction : Jacques Duclos – Benoît Frachon – Charles Tillon
Organisation : Félix Cadras – Jean Catelas – Arthur Dalidet
Direction des Jeunesses communistes de la région parisienne, zone nord
Camille Baynac – Jean Compagnon – Yves Depouy

Arthur Dalidet est l’organisateur du parti dans la clandestinité. Il est en liaison avec la direction et les cadres répartis sur le territoire. Il est certainement dans la confidentialité de la parution de la presse clandestine et autres documents de propagande. Comme il connait Arthur Tintelin, tout laisse à penser qu’il le recommande pour prendre en main la gestion des moyens d’impression et de diffusion de la propagande.