Sources : dossier administratif de résistant GR 16 P 571 803 – SHD Vincennes

Né le 30 novembre 1913 à Jarny, Meurthe et Moselle
Fils de Léon Charles Tintelin (1888 – 1972) et Marie Mélanie Klock
Mobilisé en 1939, démobilisé en juillet 1940 - soldat de 2ème classe dans la réserve

Epouse le 5 octobre 1940 Svalda Clotilde Marie Lavagnini
Adresse : 46, rue de Belleville Paris 20ème

Profession : ajusteur outilleur chez Renault

Engagement dans les F.T.P.F. – O.S. le 16 octobre 1941,
région de Paris, secteur de Boulogne – Billancourt
recrutement et organisation sous les ordres du capitaine Dallidet

Devient chef de groupe (grade de sergent) de 12 hommes
A appartenu au groupe Valmy à partir d’avril 1942

Actions :
a pris part à de nombreuses actions contre l’ennemi, sabotage, attaques de convois allemands

28 janvier 1942 : attentat à la grenade contre la brasserie Montmartre occupée par les Allemands (10 morts et blessés)

Avril 1942 : attentat à la grenade contre un camion transportant des soldats allemands de la place d’Italie à Orly

Arrêté le 17 juin 1942 à son domicile, 5, rue Daumier Paris 16ème pour activité politique

Interné à la prison de la Santé puis de Fresnes

Fusillé le 11 août 1942 au Mont Valérien comme otage faisant de la propagande communiste

Les informations sur son activité d’organisation et de diffusion de tracts et de la presse clandestine ne figurent pas dans son dossier de résistant. Ayant été homologué F.F.I., son dossier a fait l’objet d’une nouvelle étude pour suppression de cette homologation. Dans le cadre de cette enquête la direction de la police judiciaire fournit en 1951 et 1953 une fiche provenant des Renseignements généraux détaillant son action clandestine de propagande.

La seule mention d’actions militaires d’Arthur Tintelin dans son dossier fait poser des questions. Des attestations sont contresignées par le colonel Rol-Tanguy. Il a travaillé avec Arthur Dalidet, chargé de l’organisation et courroie de transmission de la direction clandestine du parti. Cherche-t-on à brouiller les cartes pour maintenir dans l’ombre l’action de Tintelin ? Est-il victime d’une disgrâce après sa mort, sachant qu’il a entrainé l’arrestation de la direction des Jeunesses communistes ?

L’organisation de la propagande et la diffusion de la presse clandestine relève de la stratégie du parti communiste et tout laisse à penser que Tintelin ne pouvait qu’être en rapport avec la direction clandestine. D’ailleurs le nom d’un agent de liaison, Hautin, est cité par les historiens qui ont consulté les seules archives disponibles sur cette affaire, à savoir celles de la police française, arrestations et interrogatoires par les Brigades spéciales.

Bilan de l’opération des Brigades spéciales contre le groupe Tintelin :
19 femmes déportées - 36 hommes fusillés

Tintellin Arthur alias Lombard Léon

Sources : Le Maitron, dictionnaire bibliographique des fusillés, guillotinée, exécutés, massacrés, 1940-1944
Arch. PPo., BS1, GB 36 et 37 – Ivan Avakoumovitch « Un grand succès de la Brigade spéciale 1 : l’affaire Tintelin (1942) – « Cahiers d’histoire n° 76, 1999
Serge Klarsfeld, « le livre des otages » 1979
Jean – Pierre Besse

Né le 30 novembre 1913 à Jarny (Meurthe et Moselle), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien (commune de Suresnes, Hauts de Seine), ajusteur-mécanicien ; militant communiste ; responsable technique du P.C. clandestin pour la région parisienne.

Titulaire du Certificat d’études primaires, Arthur Tintelin travailla chez Renault à Boulogne-Billancourt et adhéra aux Jeunesses communistes à dix-sept ans en 1936 poursuivant cependant une activité syndicale.
Contacté par le Parti communiste en juillet 1940, il fut appointé par l’organisation clandestine pour 2500 francs par mois. Il devint le responsable de la branche technique c’est-à-dire des imprimeries et de la distribution de la propagande.
La police parisienne (Brigade spéciale 1) le repéra début mars 1942 dans le quartier Saint-Ambroise, le prit en filature, ainsi que tous ceux qu’il rencontrait. A partir du 19 juin 1942, les B.S. procédèrent à l’arrestation d’une soixantaine de personnes qui furent interrogées et semble-t-il, pour certaines d’entre elles, torturées. Arthur Tintelin était domicilié 5, rue Daumier et avait sur lui des faux papiers au nom e Laurent. La police découvrit quatre ateliers, quatre imprimeries et sept dépôts. Le matériel saisi était imposant, par exemple un million de tracts imprimés et ronéotypés rue de la Grange-aux-Belles ou 1000 kilogrammes de papier blanc, de l’antimoine en lingots, cinquante kilogrammes de caractères d’imprimerie et des tracts rue de Clignancourt, que la préfecture avoua son incapacité à tout stocker.
Au total, furent saisis des millions de tracts, plusieurs centaines de fausses cartes d’identité, des milliers de kilogrammes de papiers blancs, des brochures et des journaux ( France d’abord, l’Humanité, la Vie ouvrière, la vie du parti, l’Université libre …) et dans un pavillon de Gagny, deux postes émetteurs à ondes courtes et un appareil de transmission morse.
Enfin la police récolta des noms, des adresses, des liaisons, de l’argent (Tintelin avait sur lui lors de son arrestation 5000 francs et Gustave Lecat 4000 francs) et des armes. Il fut établi que Tintelin payait les imprimeurs et réglait les mensualités de militants sous son contrôle. Dans le cadre de ce que l’on appelle l’affaire Tintelin, fut aussi arrêté le triangle de direction des Jeunesses communistes : Gustave Pitiot, Yves Despouy et Camille Baynac.
La police de Vichy remit les militants aux Allemands qui en fusillèrent trente-six le 11 août 1942. Dix-neuf femmes furent déportées.